Un italien consommerait 205 litres d’eau en bouteille par an, un belge 150 litres, le français 135 litres, le record étant détenu par les Emirats arabes unis avec 260 litres (chiffres 2007 de Beverage Marketing Corporation).
Eau de source, minérale, plate, gazeuse, aromatisée… nous avons 110 marques à notre disposition en France.
Pourtant dans nos sociétés industrialisées, l’eau est quasi gratuite et potable au robinet.
Alors pourquoi cette boisson se vend-t-elle si bien dans des bouteilles en plastiques tellement polluantes ?
La consommation frénétique d’eau en bouteille est un des exemples type des aberrations de notre mode de vie moderne qui est tant préjudiciable à l’environnement; environnement auquel nous devons tout pourtant…

Le New York Times a calculé qu’un américain qui boit 8 verre d’eau en bouteille par jour dépense 1400 dollars par an, alors qu’il ne lui en coûterait que 49 cents au robinet.
Le problème n’est pas de débattre de la qualité du contenu mais des effets du contenant : l’inévitable bouteille en plastique. The Earth Policy Institute à Washington estime qu’il faut 1,5 milliard de barils de pétrole pour fabriquer les bouteilles nécessaires aux USA. Sans compter l’énergie dépensée dans le transport et les volumes de CO2 dégagés tout au long du processus. Et en plus, seulement 1/4 des emballages est collecté et recyclé, le reste échouant dans les décharges publiques.
Aux US, un mouvement de boycott de la “bottled water” se développe depuis 3 ans, prônant un retour à l’eau du robinet. A l’exemple de chez Panisse à San Francisco, de plus en plus de restaurants y participent. Les maires de 17 grandes villes américianes viennent d’aprouver à Miami une résolution stoppant l’achat d’eau en bouteille par les services municipaux et réaffectant l’argent économisé au réseau d’eau potable.
Oui car il faut effectivement noter que l’eau en bouteille a meilleure goût que l’eau du robinet dans certaines villes ou certaines régions. Les services publiques de l’environnement doivent donc recevoir des fonds et améliorer la qualité de certaines parties du réseau d’eau potable. Mais tout cela dépend en fait d’un cercle vertueux. Si on diminue l’utilisation d’engrais par exemple pour l’agriculture, les nappes seront moins polluées.
En France, le marché de l’eau en bouteille c’est 1,3 milliards d’euros et 8,5 milliards de litres de “bottled water” vendus. Alors dans notre pays, pas de mouvement / tendance vers une plus forte consommation de l’eau au robinet; même si Nestlé (Contrex, Vittel, Aquarel, Perrier…) et Danone (Evian, Badoit, Volvic…) se déclarent conscients du phénomène.
Il faut le redire, les boulversements positifs se feront par le biais de l’offre et de la demande. L’offre doit améliorer le goût de l’eau du robinet dans certaines parties du pays et certaines villes, quant à la demande elle doit développer sa conscience écologique qui la conduira en plus à faire des économies… Pensez-y !
Aussi le moment est peut être venu du retour à la gourde, remplie au robinet sans laisser l’empreinte écologique désastreuse des bouteilles plastiques. La “gourde”… le nom est mal choisi car il fait penser à “la femme barbara gourde” et on se dit qu’on à l’air con avec une gourde… Dépassons les préjugés idiots dans ce genre. Un designer malin, quelques people, un bon buzz, une fontaine à chaque borne Vélib/Vélov, il n’en faudrait guère plus pour que la gourde redevienne une tendance lourde !!!
Propos tirés d’un article sur internet. Voici des sites américains sur ce sujet :
www.earth-policy.org, www.foodandwaterwatch.org/water, www.thinkoutsidethebottle.org